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Shari Arison
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sance que je n’ai réussi à identifier que des années
plus tard comme étant la peur.
Cette sensibilité et cette différence, particulièrement
dans une famille comme la mienne, qui n’était pas
attentive à ces sujets, créèrent des frictions et des
problèmes dans mon enfance et dans mon adoles-
cence, et mes parents s’adressèrent à la psychologie
conventionnelle afin d’essayer de trouver des solu-
tions à ces problèmes. Ma première rencontre avec le
monde thérapeutique fut traumatique: la psychologue
qui me traitait violait la confidentialité entre nous et
parlait avec ma mère de choses qui avaient été dites
lors de nos sessions.
Les sessions thérapeutiques qui suivirent ne furent
pas plus aisées: quand mon père se remaria, je
n’avais que dix ans, et j’étais profondément en colère,
sans savoir comment me confronter à cette colère.
Je voulais tuer ma belle-mère. Je réfléchissais réel-
lement au moyen dont je pourrais m’en débarrasser.
Quand j’ai eu douze ans, mes parents m’ont prise
chez une psychologue spécialisée dans la méthode
“Gestalt”, une méthode dramatique et extrêmement
bouleversante. Lors de notre première session, la
thérapeute s’allongea par terre et me demanda de la
tuer. «Tue moi», me disait-elle. «Montre-moi comment